Antéis : Sanofi-Aventis se renforce dans la médecine esthétique

Marché de niche ou nouvelle plate-forme de croissance ? Après les vaccins, les pays émergents, le diabète, les médicaments sans ordonnance et les nouveaux produits, Sanofi-Aventis s’intéresse à la médecine esthétique. Le champion tricolore de la pharmacie a signé un partenariat avec Antéis pour que cette entreprise suisse lui fournisse de l’acide hyaluronique, un produit de comblement des rides. « Le contrat porte sur trois formules, selon la profondeur des rides, et couvre le monde entier à l’exception des Etats-Unis » détaille Stéphane Mendras, Directeur des filiales d’Antéis.

Un vrai potentiel :
L’accord permet à Sanofi-Aventis de compléter sa gamme de médecine esthétique. Le laboratoire français dispose déjà du Sculptra, à base d’acide L-polylactique. Jusqu’en 2009, ce produit remboursable était utilisé dans les cas de lipoatrophie, une perte des graisses (du visage notamment) consécutive à des traitements tels que ceux contre le VIH. Mais l’an dernier, le groupe a lancé Sculptra Cosmetic, qui permet d’élargir ce produit à des applications esthétiques.

Globalement le chiffre d’affaires de Sculptra reste faible à l’échelle de la multinationale puisqu’il atteignait 15 millions de dollars aux Etats-Unis en 2008. En France, les ventes sont inférieures à 5 millions d’euros, mais éveillent néanmoins l’intérêt du groupe. «Nous réfléchissons à la création d’une micro-entité de médecine esthétique. Il existe un vrai potentiel car le mode de commercialisation est différent. Le produit est vendu aux chirurgiens esthétiques ou aux dermatologues qui le diffusent », explique Nicolas Cartier, directeur général de Sanofi-Aventis.

Le marché mondial des produits de comblement était évalué l’an dernier à 500 millions d’euros. Il a affiché une baisse en 2009 en raison de la crise, mais est attendu en croissance annuelle de 10 % à l’horizon de 2013.

Les Echos – 3.02.2010